Résumé


La grammaire rituelle des hiéarchies. Migrations et chefs de terre dans une société segmentaire (Burkina Faso)

Richard Kuba

Anthropologue, Institut d'Anthropologie et d'Études Africaines, Université Gutenberg de Mayence


L'article propose d'explorer la relation entre hierarchie rituelle et droits fonciers dans un contexte régional qui a été peu influencé par les transformations du paysage politique de l'époque coloniale et est négligé par l'État national et les intervenants au développement. Face à une situation historique faite de forte mobilité, de fluidité et marquée par une logique inclusive, la société phuo faisait, et fait encore, usage d'une pluralité de ressources argumentatives dans les questions de maîtrise de la terre. Le principe du premier arrivé sur un lieu joue un rôle, ainsi que les relations hiérarchiques entre les lignages qui sont caractérisés par leur spécialisation rituelle. Ces spécialisations se transmettent par héritage en ligne paternelle. Mais certaines compétencent être cédées et même mises en gage auprès d'autres lignages qui peuvent accéder par ces moyens au culte de la terre. Les différentes modalités de transfert du culte de laterre donnent à certains chefs de terre une légitimité précaire et contestée, comme c'est le cas dans l'étude de cas présentée dans cet article.

Mots-clés : société segmentaire - hierarchie - légitimation - droits fonciers - chef de terre - culte de la terre - histoire du peuplement - Phuo - Burkina Faso.