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Résumé

 



 

 

 

 

Éliane DE LATOUR, " Du ghetto au voyage clandestin: la métaphore héroïque "


L’analyse des relations sociales réimaginées dans les ghettos en
Côte-d’Ivoire recouvre deux aspects: l’un concerne la composition de familles métaphoriques qui a fait l’objet d’un article " Métaphores
familiales dans les ghettos de Côte-d’Ivoire " (Autrepart, 18, 2001),
l’autre la construction d’une identité individuelle à travers le modèle du guerrier, qui va être analysé ici.
Les ghettomen, qui cherchent à sortir de " l’anonymat des pauvres " (le pape), se disent " guerriers ", ceux qui prennent leur destin en main, servent leurs désirs immédiats par la force, ne reculent jamais, trouvent dans le combat le sens même de la singularisation: " toucher le cerveau des hommes " en attachant au nom toutes sortes de légendes et de hauts faits auxquels les autres font écho. Peu importe que cela soit vrai, ce qui est dit existe. La renommée est une manière de dépasser la mort. Cette identification toujours en excès puise à de nombreuses sources : passé belliqueux africain, modèles du self made man plein de sa réussite, héros solitaires du western, maffieux des films d’action… Au ghetto, conçu comme
une avant-scène du monde de la puissance et de la vitesse, se développe une utopie qui aimante les rêves de reconnaissance personnelle et qui fait de la mort un enjeu réel. Lorsque contraintes, blessures, prison, prennent le pas sur le reste, il faut aller plus loin, vers les rivages mythifiés du nord, ou bien réintégrer la société avec un peu plus qu’avant, un peu plus d’expérience ou d’avantages matériels pour affronter la vraie vie.

Mots-clés : Cité – Gangs – Rue – Jeunes – Ghetto – Guerre – Utopie –
Mythologie – Métaphore.