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Résumé



 

 

 


Jean-Émile Charlier, Jean-François Pierrard, " Systèmes d’enseignement décentralisés dans l’éducation sénégalaise, burkinabè et malienne "



La décentralisation des systèmes d’enseignement dans les pays du Sud est promue explicitement depuis le début des années quatre-vingt-dix par les grandes instances financières internationales telles que la Banque mondiale et le FMI. Suivant la logique libérale qui caractérise ces organisations, il est demandé aux États d’entamer un processus de " dégonflement " ou de " débureaucratisation " en transférant aux " localisés " des compétences en matière de gestion publique. Il s’agit entre autres choses de " responsabiliser " la base pour la transformer en " base citoyenne ". Cette recommandation aux apparences nobles que viennent créditer les tenants de l’école de la New Public Management ou Nouvelle Gestion publique n’est pas sans poser de problèmes dont on voit mal a priori comment la base, c’est-à-dire aussi les plus faibles économiquement, politiquement et culturellement, pourra les surmonter.
En outre, et c’est un phénomène nouveau, le discours en faveur de la décentralisation semble faire l’unanimité pour la majorité des acteurs du développement d’habitude éloignés des thèses libérales. Ainsi, le processus décentralisateur profite d’un consensus inhabituel qui n’est jusqu’ici pas remis en question. Pire, la décentralisation apparaît être un processus topdown qui ne suscite aucun débat démocratique. Elle est imposée d’en haut et s’organise progressivement ; ce qui la rend paradoxale eu égard à l’objectif de " responsabilisation citoyenne " dont elle veut être l’instrument.

Mots clés : Éducation – Décentralisation – Globalisation – Glocalisation – New Public Management – Banque mondiale – Afrique subsaharienne – Sénégal – Burkina Faso – Mali.