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Résumé


 

 

 

 

 

 

 

 

François VERDEAUX, Arlène ALPHA, " L'économie très politique d'une mise en valeur des ressources forestières : Côte-d'Ivoire, 1900-1990 "


Des années vingt à la dernière décennie du siècle, les 4/5 des 16 millions d'hectares de forêt de la partie méridionale du pays sont convertis à l'agriculture par le petit paysannat. Les politiques de mise en valeur ayant initialement été centrées sur l'exploitation forestière qui demeure, par la suite, l'un des deux grands axes du développement national, l'analyse est ici centrée sur la place et le rôle de l'État dans ce processus sociohistorique. Pris dans un jeu d'interactions dont il contrôle de moins en moins les effets, l'État apparaît comme un acteur parmi d'autres. Un double décalage s'amplifie avec le temps : entre les conceptions (et les politiques) "rationnelles" de mise en valeur des ressources et les logiques d'action des autres catégories concernées et, par conséquent, entre les intentions affichées et les interventions concrètes des dirigeants. Ceux-ci privilégient les arbitrages immédiats de nature politique, au détriment de la gestion à long terme de deux des ressources de base de la richesse nationale, le bois et la terre agricole. L'imposition et surtout le maintien, au-delà du contexte particulier de cette imposition, du dogme forestier (exclusion réciproque de l'exploitation forestière et de l'agriculture, opposition forestiers-paysans) est une des causes de ces décalages et de leurs effets en termes de déforestation. L'abandon par l'État de son droit exclusif sur les ressources ligneuses permettrait d'inclure les arbres dans les systèmes de production paysans qui pourraient, enfin, les traiter pour ce qu'elle aurait dû rester pour eux : une ressource-capital.


Mots clés : Côte-d’Ivoire – Dynamique forestière – Économie de plantation – Exploitation forestière – Paradigme forestier – Intervention de l’État – Logiques sociales – Politiques publiques.