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Résumé


 

 

 

 

 

 

Jean-Claude ROUX, Daniel DORY, " De la coca à la cocaïne : un itinéraire bolivien... "


La culture de la feuille de coca est très ancienne dans l’arc andin. À l’arrivée des Espagnols, liés aux rites païens, son usage fut seulement réservé aux mineurs indiens des mines d’argent du Potosi. La coca se développa dans les vallées tièdes des Yungas où elle fut à la base d’une activité florissante réservée au marché intérieur bolivien. À partir de 1970, la coca provoqua l’intérêt des milieux colombiens du narcotrafic qui établirent des liens étroits avec les producteurs boliviens – comme péruviens – pour développer sa production et assurer l’exportation de la cocaïne. Profitant aussi bien du chaos politique que de l’arrivée au pouvoir d’éléments proches du milieu des trafiquants, la coca fut transplantée par des mineurs licenciés ou des paysans pauvre dans le Chapare, une région marginale du département de Cochabamba. Cette extension brutale – avec 50 000 hectares cultivés et environ 300 000 personnes participant de ses circuits – entraîna, à partir de 1980, une réaction des États-Unis déjà engagés, au Pérou et en Colombie dans l’éradication de sa culture, mais avec un succès limité. Ce trafic dégage un apport important en capitaux recyclés dans l’agriculture, le commerce, l’immobilier. Aussi le plan “coca-zéro” que les autorités boliviennes s’efforcent actuellement d’imposer, malgré ses compensations économiques, ne peut que soulever une opposition résolue menaçant la stabilité politique et économique de la Bolivie car remettant en cause le “miracle oriental” qui caractérise ce pays depuis une trentaine d’années.

Mots clés : Andes orientales – Bolivie – Yungas – Chapare – Empire inca – Lutte anti-drogue – Migrations – Réforme agraire – Éradication – Cultures de substitution – Écologie – Coca traditionnelle.