Anne-Marie GAILLARD, " La réponse
institutionnelle chilienne aux défis posés par
le retour des exilés "
Le
retour est la fin logique des exils, même si l'on sait
qu'il ne touche souvent qu'une minorité des populations
exilées. Pour les Chiliens, le retour représentait
à la fois un droit et un devoir. En réponse à
cette dialectique "droit/devoir", les mouvements de
retour n'attendirent pas la fin du régime militaire pour
s'amorcer et se développer, créant une situation
unique où un pays recevait ses exilés en même
temps qu'il en sécrétait d'autres. Pour faire
face à ces retours, considérés la plupart
du temps comme difficiles (souvent en raison de l'ostracisme
dont étaient victimes les ex-exilés les
retornados ), se mit en place une infrastructure, basée
sur un réseau associatif, pour aider ces personnes à
se réintégrer dans le pays. Après la restauration
de la démocratie, l'action de ces associations fut intégrée
dans le programme officiel mis en uvre par le gouvernement
chilien pour faciliter le retour des retornados. Suscitant des
attentes qu'il ne fut pas toujours en mesure de satisfaire,
ce programme public, qui était également conçu
comme outil de la réconciliation nationale, sut mettre
en place, sur la base des expériences acquises, tout
un ensemble de mesures légales, économiques et
sociales, propres à faire face à la complexité
du phénomène migratoire exceptionnel qu'est le
retour d'exil.
Mots-clés : Chili Retour migratoire Politique
publique Action ONG Droits de l'homme.